Suite Noire

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La reine des connes

Diffusé sur France 2
le 16 août à 22h50

AUTEUR : Laurent Martin

REALSATEUR : Guillaume NICLOUX

ACTEURS PRINCIPAUX : Clément HERVIEU-LÉGER, Yves VERHOEVEN

Fiche technique

Extraits livre

Extrait 1

Extrait 1

La première fois que j’ai voulu mourir, j’avais sept ans.C’était pour suivre dans la tombe Wladimir, mon lapin nain, qui avait mis fin à ses jours en rongeant la prise électrique de la lampe halogène du salon. Tout ce que j’ai réussi à faire, c’est court-circuiter l’appartement, prendre une gifle par ma mère, détester le monde et les électriciens. La seconde fois, c’était il y a cinq minutes, en sautant par la fenêtre de l’hôtel. Là aussi j’ai raté mon coup et j’ai atterri comme une merde sur le balcon du premier, en m’éclatant la cheville. La mort et moi, on n’est pas sur la même longueur d’onde. En fait, ce n’était pas vraiment un suicide. C’est juste qu’on frappait sauvagement à la porte de ma chambre en hurlant mon nom et que je n’avais pas d’autre issue que la fenêtre. La conséquence pathétique d’une malchance qui s’acharne contre moi. Depuis toujours. Tout a commencé il y a une semaine, alors que je tentais de dormir et qu’un bruit lourd m’agaçait…

Extrait 2

Extrait 2

Un type entre deux âges, avec des cheveux déjà blancs, m’a réclamé le journal, voyant que ça ne m’intéressait pas beaucoup. J’ai bien senti que c’était un prétexte pour entamer la conversation. — Vous avez vu ? C’est encore le bordel en Afrique ! — C’est possible… Je ne m’intéresse pas trop aux sports de combat… C’est la première fois que je vous vois dans ce bar… — Exact ! Vous êtes une habituée ? — C’est un peu ma cantine. C’était parti. De fil en aiguille, il m’a raconté son boulot à la con d’entrepreneur et sa solitude. Je lui ai sorti mon discours, vanté mes charmes, et il a été d’accord pour monter à l’hôtel avec moi, user abuser de mon corps contre un peu d’argent. La solitude, ça se paie comptant. On est passés discrètement devant Boris. Il ne dit rien quand on ramène des clients ou des amis chez lui. Mais j’avais pas envie qu’il me redemande du fric sachant que j’allais en gagner un peu. Le type s’appelait André et il sentait un parfum à base de vétiver. Dans la chambre en désordre, je l’ai détendu et je lui ai proposé un peu de coke. Il a hésité puis s’est laissé tenter. J’ai fermé les rideaux, j’ai allumé une bougie odorante et j’ai commencé mon numéro. Je l’ai déshabillé lentement lentement et je me suis mise à l’exciter… C’est là que je ne dois pas rater mon coup… L’action a commencé à devenir intense. Je lui ai murmuré des mots doux, des mots sales, et il a gémi. Je me suis retrouvée sur le ventre et lui à califourchon sur mes jambes en train de me malaxer les fesses. Alors j’ai entendu la phrase rituelle, celle qui me tue à chaque fois. — Mais… t’es pas une fille ! J’ai tourné la tête vers lui, je lui ai balancé mon sourire de diva italienne, et j’ai dit. — Pas encore, mais ça va venir. Il a bafouillé. — C’est que… — Allons mon joli, je suis quand même une experte et tu ne vas pas le regretter… Une fois sur deux, le type que je ramène se sauve en courant. Mais une fois sur deux, il reste. Faut dire que je suis plutôt bien faite. Pas trop grande, des mains longues et une jolie cambrure… Il a souri en se rhabillant. — C’est la première fois que je me tape un travelo. — Je ne suis pas un travelo. Je suis une fille en devenir. C’est très différent.

Extrait 3

Extrait 3

— Investir ?… J’ai déjà investi dans mon corps et dans ce salon… — Pas grand-chose… 10 000 euros. Elle a ri. — Où veux-tu que je les trouve ? — Tu peux emprunter, non ? — Plus vraiment. Le salon me coûte une fortune… C’est quoi ton investissement ? — Une affaire rapide et sûre. — Ça n’existe pas. Sinon ça serait interdit. — C’est interdit… Elle a posé les ciseaux, a tourné le fauteuil et m’a dévisagée sévèrement. — Annabelle ! Tu ne vas pas recommencer tes conneries… J’ai fait l’innocente. — Mes conneries ? — Tu veux que je te rappelle la fois où tu es partie en Hollande te ravitailler, que la voiture a eu un accident, que les commanditaires t’ont cherchée partout en croyant que tu les avais doublés, que j’ai dû te planquer deux semaines ? — J’étais jeune. — Et la fois où t’as évité la prison de justesse parce que tu rabattais des clients pour le peep show clandestin du Chinois. — Je ne savais pas que c’était des flics… — Écoute, ma belle. T’es pas douée pour le business. Faut que tu te trouves autre chose à faire. Je me suis vexée. — Tu ne me fais pas confiance ? — Je crois que tu as la poisse. Et pourtant, je t’aime. Alors ne compte pas sur moi pour ce coup. Je n’ai plus rien dit. Et elle a terminé de me coiffer.

Extrait 4

Extrait 4

J’atterris quelque part dans un bar. Un de ces bars de nuit où les assoiffés, les esseulés, les fatigués viennent se retrouver pour boire et finir des conversations éternelles. Je commande un triple expresso pour me remettre. Un type vient me draguer. La quarantaine, des tatouages délavés, un regard froid. Il m’offre un deuxième café, me raconte des histoires bizarres du temps où il était marin, avant d’échouer ici. J’écoute poliment jusqu’à ce qu’il aille se coucher en me disant à demain. Je fais le point. Je n’ai plus le choix. Le Chinois m’a trahie. La police me recherche. Malko veut me descendre. Freddy veut me tatouer à la clope. Dans quelques jours la lettre de Paul va arriver chez un juge. Mes chances de succès sont minces. Ma fin est proche. Personne ne sera là pour voir ma chute. Il faut que je parte d’ici au plus vite, avec le plus d’argent possible. Pour ne rien regretter. Je ne vois qu’une seule personne qui, tout compte fait, peut en avoir. Je quitte l’établissement quand le jour se lève. La fatigue me fait oublier un peu ma cheville douloureuse. Je vais dans le Xe, chez Sandra. Je la réveille. Elle me voit, constate les dégâts, ne me pose pas de question et me fait entrer. Je prends une douche. Elle me prépare à manger et me laisse ensuite m’endormir dans son lit. Quand je me réveille, il est presque midi. Elle est au boulot. Je me rhabille, bien décidée à me ressaisir au plus vite.

Photos

Photos

Clément Hervieu Léger (photo de Agora Films)
Clément Hervieu Léger (photo de Agora Films)
Clément Hervieu Léger (photo de Agora Films)
Clément Hervieu Léger (photo de Agora Films)
Clément Hervieu Léger (photo de Agora Films)
Clément Hervieu Léger (photo de Agora Films)
Clément Hervieu Léger (photo de Agora Films)
Clément Hervieu Léger (photo de Agora Films)
Clément Hervieu Léger (photo de Agora Films)
Clément Hervieu Léger (photo de Agora Films)
Clément Hervieu Léger (photo de Agora Films)
Clément Hervieu Léger (photo de Agora Films)
Clément Hervieu Léger (photo de Agora Films)
Clément Hervieu Léger (photo de Agora Films)
Clément Hervieu Léger (photo de Agora Films)
Clément Hervieu Léger (photo de Agora Films)
Clément Hervieu Léger (photo de Agora Films)
Clément Hervieu Léger (photo de Agora Films)
Clément Hervieu Léger (photo de Agora Films)
Clément Hervieu Léger (photo de Agora Films)
Clément Hervieu Léger (photo de David Koskas)
Clément Hervieu Léger (photo de David Koskas)
Clément Hervieu Léger (photo de David Koskas)
Clément Hervieu Léger (photo de David Koskas)
Clément Hervieu Léger (photo de David Koskas)
Clément Hervieu Léger (photo de David Koskas)
Clément Hervieu Léger  (photo de David Koskas)
Clément Hervieu Léger (photo de David Koskas)
Clément Hervieu Léger (photo de David Koskas)
Clément Hervieu Léger (photo de David Koskas)
Clément Hervieu Léger (photo de David Koskas)
Clément Hervieu Léger (photo de David Koskas)
Clément Hervieu Léger (photo de David Koskas)
Clément Hervieu Léger (photo de David Koskas)
Clément Hervieu Léger (photo de David Koskas)
Clément Hervieu Léger (photo de David Koskas)
Clément Hervieu Léger (photo de David Koskas)
Clément Hervieu Léger (photo de David Koskas)
Clément Hervieu Léger et Pascal Bongard (photo de David Koskas)
Clément Hervieu Léger et Pascal Bongard (photo de David Koskas)
Clément Hervieu Léger et Pascal Bongard (photo de David Koskas)
Clément Hervieu Léger et Pascal Bongard (photo de David Koskas)
Clément Hervieu Léger Pascal Bonitzer et Hélène Alexandridis (photo de Agora Films)
Clément Hervieu Léger Pascal Bonitzer et Hélène Alexandridis (photo de Agora Films)
Clément Hervieu Léger Yves Verhoeven (photo de Agora Films)
Clément Hervieu Léger Yves Verhoeven (photo de Agora Films)
Pascal Bongard Nicolas Jouhet et Yves Verhoeven Clément Hervieu Léger (photo de Agora Films)
Pascal Bongard Nicolas Jouhet et Yves Verhoeven Clément Hervieu Léger (photo de Agora Films)
Pascal Bongard Nicolas Jouhet et Yves Verhoeven (photo de Agora Films)
Pascal Bongard Nicolas Jouhet et Yves Verhoeven (photo de Agora Films)

Bande annonce

Bande annonce

Bande annonce

Making of

Emmanuel / Emmanuelle

Emmanuel / Emmanuelle

Les impacts

Les impacts

Extraits film

La pipe

La pipe

Rendez-vous au café

Rendez-vous au café

Le repas de famille

Le repas de famille

Entretiens 1

C. Hervieu-Léger - Rencontre

C. Hervieu-Léger - Rencontre

C. Hervieu-Léger - Femme

C. Hervieu-Léger - Femme

C. Hervieu-Léger - Travestissement

C. Hervieu-Léger - Travestissement

C. Hervieu-Léger - Jouer la conne

C. Hervieu-Léger - Jouer la conne

C. Hervieu-Léger - Tournage

C. Hervieu-Léger - Tournage

C. Hervieu-Léger - Plans séquences

C. Hervieu-Léger - Plans séquences

C. Hervieu-Léger - Langue

C. Hervieu-Léger - Langue

C. Hervieu-Léger - Humour

C. Hervieu-Léger - Humour

C. Hervieu-Léger - Destin

C. Hervieu-Léger - Destin

C. Hervieu-Léger - Violence

C. Hervieu-Léger - Violence

C. Hervieu-Léger - Engrenage

C. Hervieu-Léger - Engrenage

C. Hervieu-Léger - Trahison

C. Hervieu-Léger - Trahison

Entretiens 2

P. Bongard - Son rôle

P. Bongard - Son rôle

P. Bongard - G. Nicloux

P. Bongard - G. Nicloux

P. Bongard - Travestissement

P. Bongard - Travestissement

C. Offenstein - Filmer un transsexuel

C. Offenstein - Filmer un transsexuel

C. Offenstein - Eclairage

C. Offenstein - Eclairage

C. Offenstein - Tourner avec G. Nicloux et E. Bercot

C. Offenstein - Tourner avec G. Nicloux et E. Bercot

Résumé

Résumé

La première fois qu’Emmanuel(le) Cyprien a sauté dans le vide, il avait 7 ans. La seconde fois, c’était il y a quelques secondes… pas vraiment un suicide ce coup-ci mais encore un ratage… conséquence pathétique d’une malchance qui s’acharnait contre lui depuis toujours. Tout ça parce qu’il voulait changer de sexe ! Pourtant, une fois en fille la chance aurait pu tourner, et l’occasion paraissait bonne, un coup facile… Au revoir la dépendance aux parents bourgeois et coincés ! Grâce à son amoureux de coeur et à ses amis, il allait pouvoir doubler son capital, se payer l’aller retour à Bangkok, s’offrir la pénectomie et le remodelage du fessier ! Quoique, en matière de saut comme ailleurs, jamais deux sans trois !

Entretiens

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