Suite Noire

On achève bien les disc-jockeys Tirez sur le caviste Vitrage à la corde Quand la ville mord La musique de papa Le débarcadère des anges La reine des connes Envoyez la fracture ! Le Linceul n'est pas qu'aux moches Le Petit Bluff de l’alcootest Ze big slip Sur un air de Navarro La Déposition du tireur caché Les Fans sans balance La Java des bouseux Le Futon de Malte Raclée de Verts Pizza sur la touffe 1275 Ares Nadada Un Chouette petit blot La Sirène rousse Sans mot dit Cocu de Sac L’Effet Carabin Ça n’arrive qu’aux mourants Le Tacot d’Elsa Lambiek Pour venger mémère La Bannière était en noir Le Bar crade de Kaskouille Au pas des raquettes Méfie-toi, fillette Comment L.A. ? Des manches et la belle Pas d'argot pour Mister Riche Fantasia chez les Plouffe

Ça n’arrive qu’aux mourants

AUTEUR : Pierre Bourgeade

Extraits livre

Extrait 1

Extrait 1

Ça se passe à Paris, en 2005, après les émeutes étudiantes. Le Premier ministre de l'époque, le sinistre Villepin, poète dérisoire, politicien retors, a tenté d'imposer par la force au pays le CPE (qui se souvient de ces trois initiales ?), un prétendu « contrat » qui fait de la jeunesse l’esclave des patrons. L’Université, comme un seul homme, se dresse contre cette politique scandaleuse, et des barricades s’élèvènt aussitôt dans tout Paris. Du jour au lendemain, elles sortent du sol ! En moins d’une semaine, les principaux établissements universitaires sont bloqués. En d’autres temps, le cardinal de Retz, rougeaud à la dent dure, avait raillé les Parisiens en disant qu’ils n’étaient qu’une « fourmilière de tripiers » se lançant indûment à l’assaut du roi. Pourtant, les choses changent... Retz n’en reviendrait pas !... En 2005, les barricades ne sont plus édifiées par des tripiers, des meuniers ou des fripiers, mais par d’innombrables philosophes, sociologues, littéraires et matheux qui rejettent radicalement l’autoritarisme du pouvoir. Quant au roi, il y a longtemps qu’il a été décapité ! Tandis que Villepin, qui écume de rage dans sa tanière... Matignon... cherche par quel moyen imposer en fin de compte sa volonté à ceux qui n’en veulent pas..., les Parisiens, qui aiment tant l’histoire de leur ville, se rappellent l’époque où, sous Retz justement, la Cité brocardait allègrement le Premier ministre !

Extrait 2

Extrait 2

Il se mit debout, fit deux pas et comme il était encore à hauteur du lit sortit un objet de la poche de son blouson et lui lança : — Tiens, c’est trop lourd, mets ça dans ton grand sac. Elle prit de la main l’objet, sur les draps. —Mais… c’est un pistolet ! — C’est un automatique. Un Beretta. Ce qui se fait de mieux ! Elle s’asseyait dans les oreillers, empoignait l’arme. —Alors, si je presse comme ça sur la gâchette… — On dit la détente. — Si je presse comme ça sur la détente, je fais feu… Il se rassit sur le bord du lit. — Parfaitement. Si tu tires un coup à la fois, ça fait un coup à la fois, comme les revolvers de John Wayne. Mais si tu laisses le doigt sur la détente, le Beretta tire les neufs coups en suivant. Neuf balles. Une petite mitraillette. — Et si je relâche le doigt au bout de cinq coups ? — Il te reste quatre balles à tirer. Soit au coup par coup, soit en rafale. — C’est facile, dis donc ! — Très facile. Un enfant s’en servirait. — Donne. Elle prit le Beretta dans sa main droite. —Tu vas rire, dit-elle. J’ai épousé un marchand d’armes, c’est la première fois que j’en vois une et que je la tiens comme si j’allais m’en servir ! Elle dirigea le canon de l’arme vers Éric. — Alors, si je presse la détente, je te tue. — Non, dit-il en riant, parce qu’il y a, juste sous ton pouce, ce petit poussoir, qui est une sûreté. — Ce petit machin quadrillé ? — Oui. Pousse-le en avant, l’arme peut tirer. Remets le vers toi, la sûreté est mise. Elle fit les deux petits mouvements, avec le pouce. —Comme ça ? — Exactement comme ça. Elle enleva et remit de nouveau la sûreté. —J’espère tout de même que ce joujou n’est pas chargé ! —Tu plaisantes ! Il y a le chargeur, avec neuf balles ! Je l’avais préparé pour tuer ton mari, et tant que je ne lui aurai pas pété les deux jambes, ce chargeur restera là où il est. —Ah vraiment… Une nouvelle fois, elle visa Éric sans trembler puis, abaissant le Beretta, dit : —Je te laisse la vie, va, pour cette fois… —Merci ! Il sortit en courant, elle mit le Beretta dans son grand sac.

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